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Guide de Pratique Clinique-Deuxième Edition
Dystrophie Sympathique Réflexe/Syndrome Douloureux Régional Complexe (DSR/SDRC)

Contenu:
Diagnostic
Galerie Photo
Traitement
Protocole de traitement avec opiacés
Le Système à Pile Externe Versus le Système à Pile Interne pour la Stimulation de la Moelle Épinière
Comment déterminer l'efficacité des traitements pour la DSR/SDRC
Références
Glossaire des termes médicaux

LE SYNDROME DE LA DYSTROPHIE SYMPATHIQUE RÉFLEXE
(DSR/SDRC)

Le Syndrome de la Dystrophie Sympathique Réflexe (DSR) est également connu sous le nom de Syndrome Douloureux Régional Complexe (SDRC). La DSR/SDRC est un syndrome comportant plusieurs symptômes (multi-symptômes), plusieurs systèmes (multi-systèmes) et qui affecte généralement une ou plusieurs extrémités mais qui peut affecter virtuellement n'importe quelle partie du corps. Bien qu'ayant été clairement décrite il y a 125 ans par les docteurs Mitchell, Moorehouse et Keen, la DSR/SDRC demeure mal comprise et est souvent non reconnue.

La meilleure manière de décrire la DSR/SDRC est en termes de blessure à un nerf ou à des tissus mous (p. ex. fracture osseuse) qui ne suit pas le cours normal de guérison. Le développement de la DSR/SDRC ne semble pas dépendre de l'ampleur de la blessure (p. ex. un éclat logé dans un doigt peut déclencher la maladie). En fait, la blessure peut être si insignifiante que le patient peut ne pas se rappeler l'incident. Pour des raisons que nous ne comprenons pas, le système nerveux sympathique semble assumer une fonction anormale suivant la blessure. Il n'existe pas un test de laboratoire unique qui permet de diagnostiquer la DSR/SDRC. Ainsi, le médecin doit évaluer et documenter les affections subjectives (histoire médicale) et, si présentes, les constatations objectives (examen médical), de manière à supporter le diagnostic. Il existe une tendance naturelle à précipiter le diagnostic de la DSR/SDRC même sans constatations objectives parce que le diagnostic précoce est critique. Lorsque non diagnostiquée et non traitée, la DSR/SDRC peut se répandre à toutes les extrémités, ce qui rend le processus de réadaptation beaucoup plus difficile. Lorsque le diagnostic est posé tôt, les médecins peuvent utiliser des techniques de mobilisation sur l'extrémité atteinte (physiothérapie) ainsi que des blocs sympathiques pour enrayer ou atténuer la maladie. Lorsque non traitée, la DSR/SDRC peut avoir de terribles conséquences en raison des difformités permanentes et de la douleur chronique. Il n'existe pas d'étude qui démontre que la DSR/SDRC affecte la durée de la vie du patient. La DSR/SDRC peut potentiellement entraîner des conséquences financières à long terme. A un stade avancé de la maladie, les patients peuvent présenter des problèmes psychosociaux et psychiatriques significatifs. Ils peuvent être dépendant des narcotiques et peuvent être frappés d'une incapacité complète à cause de la maladie. Le traitement des patients présentant un stade avancé de la DSR est un défi et demande beaucoup de temps.

DIAGNOSTIC
S'il est possible de démontrer un dommage important du nerf associé au développement des symptômes de la DSR/SDRC, on réfère alors à la condition en termes de syndrome douloureux régional complexe (SDRC) type II ou causalgie. Généralement, la causalgie fournit une évidence plus objective de maladie à cause des changements neurologiques (engourdissements et faiblesse).

Les termes syndrome douloureux régional complexe (SDRC) de type I et de type II sont utilisés depuis 1995, date à laquelle l'Association Internationale pour l'Étude de la Douleur (IASP) sentit que les noms de dystrophie réflexe sympathique et causalgie représentaient de façon inadéquate le spectre complet des signes et symptômes observés. 1-7 Le terme "complexe" fut ajouté pour transmettre l'idée que la DSR et la causalgie expriment des signes et symptômes variés. 4 Plusieurs publications, particulièrement les plus anciennes, utilisent encore les noms de DSR et causalgie. Afin de faciliter la communication et la compréhension la dénomination DSR/SDRC est généralement utilisée tout au long de ce guide de pratique clinique. Les principes applicables au diagnostic et à la gestion de la DSR sont similaires aux principes qui gouvernent le diagnostic et la gestion de la causalgie.

Afin d'établir un diagnostic précoce de la DSR/SDRC, le praticien doit reconnaître que certains traits ou manifestations de la DSR/SDRC sont plus caractéristiques du syndrome que d'autres et, que le diagnostic clinique est établi en ajoutant chaque morceau du casse-tête jusqu'à ce qu'une image claire du problème émerge. Les médecins ont souvent besoin d'exclure d'autres désordres potentiellement fatals qui possèdent des caractéristiques similaires à la DSR/SDRC, p. ex. un caillot sanguin dans la veine d'une jambe ou une tumeur au sein se propageant aux glandes lymphatiques peuvent causer une extrémité enflée et douloureuse. D'ailleurs, la DSR/SDRC peut s'avérer une composante d'une autre maladie, (p. ex. une hernie discale de la colonne vertébrale, un syndrome du tunnel carpien de la main, une crise cardiaque). Ainsi, le traitement de la DSR/SDRC consistera souvent au traitement de caractéristiques cliniques plutôt qu'au traitement d'une maladie bien définie. Lorsque la DSR/SDRC s'étend, le diagnostic peut s'en trouver compliqué. Par exemple, si elle s'étend au membre opposé, il peut s'avérer plus difficile d'établir un diagnostic car il n'existe pas de côté normal (contrôle) pour comparer les constatations objectives. Alternativement, la propagation des symptômes de la DSR/SDRC peut actuellement faciliter le diagnostic de la DSR/SDRC car la propagation des symptômes est une caractéristique du problème. (Voir plus bas).

Considérations d'ordre légal
Plusieurs patients qui développent la DSR/SDRC à cause d'une blessure se retrouvent dans un contexte de responsabilité légale. Certains patients peuvent s'attendre à défendre leurs droits en cour de justice. Il est commun que le défendeur accuse le patient de simuler sa condition et ce, spécialement s'il n'y a pas de constatations objectives de DSR/SDRC documentées au dossier médical. Ainsi, le médecin traitant doit évaluer plus que les affections subjectives (histoire médicale). Le médecin doit rechercher agressivement et documenter les constatations objectives. Par exemple, environ 80% des cas de DSR/SDRC présente des différences de température entre les côtés opposés du corps. Ces différences peuvent être soit plus froide ou plus chaude. Ces changements de température peuvent être associés à des changements dans la pigmentation de la peau. De plus, ces changements de température ne sont pas statiques. La température de la peau peut subir des changements dynamiques en un temps relativement court (en dedans de quelques minutes). Ces changements dépendent de façon critique de la température de la pièce, de la température locale de la peau et du stress émotif. Dans certains cas, les différences de températures peuvent fluctuer spontanément sans aucune provocation apparente. 3 Ainsi, ces différences dans la température et la couleur de la peau peuvent ne pas être détectées par le médecin si ce dernier ne fait qu'un seul examen physique. Un instrument utile et relativement bon marché qu'il est bon d'avoir au moment de l'examen physique est un thermomètre portatif à infrarouges servant à mesurer les différences de température cutanée. Les changements de température et de coloration de la peau ne sont que deux exemples parmi plusieurs constatations objectives qui devraient être recherchées chez les patients présentant la DSR/SDRC.

Établir le diagnostic de la DSR/SDRC
Un diagnostic de DSR/SDRC peut être établi dans les contextes suivants. Une histoire de traumatisme à la partie affectée associée à une douleur disproportionnée à l'événement déclencheur et un ou plusieurs des points suivants :

  • Fonction anormale du système nerveux sympathique
  • Enflure
  • Problème de mouvement
  • Changements dans la croissance des tissus (dystrophie et atrophie)

Ainsi les patients n'ont pas à présenter toutes les manifestations cliniques listées ci-dessus pour établir un diagnostic de DSR/SDRC. Le nouveau système de classification SDRC reconnaît ce fait en spécifiant que certains patients ayant la DSR/SDRC peuvent présenter un troisième type de SDRC en le catégorisant de " autrement non spécifié ". Il semble y avoir un petit groupe de patients pour qui la douleur suivant le traumatisme cesse avec le temps, laissant le patient avec un problème de mouvement. La douleur et les symptômes associés à la DSR/SDRC peuvent excéder l'ampleur et la durée de ce qui serait attendu dans un processus normal de guérison suivant l'événement déclencheur. De façon similaire, le diagnostic de la DSR/SDRC est exclu lors de l'existence d'une pathologie connue qui peut être expliquée par les symptômes observés et le degré de douleur présenté. Il existe des " degrés " de ce syndrome décrit dans la littérature avec des symptômes allant de mineurs à sévères.

Constatations Cliniques associées à la DSR/SDRC
1. Douleur - Le centre de la DSR/SDRC est la douleur et les problèmes de mobilité non proportionnels à ce qui serait attendu suite à la blessure initiale. La plainte première et principale est la douleur qui peut être présente à une ou plusieurs extrémités et décrite comme sévère, constante, brûlante et/ou profonde. Toute stimulation de la peau (p. ex. porter des vêtements, une faible brise) peut être perçue comme douloureuse (allodynie). La stimulation répétée de la peau (p. ex. taper légèrement la peau) peut causer une augmentation de la douleur avec chaque tape et lorsque la stimulation répétée cesse, il peut y avoir une sensation douloureuse qui perdure (hyperpathie). Il peut y avoir une tendreté diffuse ou des points tendres spécifiques dans les muscles de la région affectée appelés zones gâchette causée par de petits spasmes musculaires (syndrome de douleur myofaciale). Il peut y avoir des pointes de douleur aiguë spontanée dans la région affectée qui semble venir de nulle part (dysesthésie paroxysmale et douleurs lancinantes).

2. Changements cutanés - la peau peut paraître brillante (dystrophie-atrophie), sèche ou écailleuse. Les poils peuvent initialement pousser épais puis fin. Les ongles de l'extrémité affectée peuvent être plus cassants, pousser plus vite et ensuite plus lentement. Des ongles qui poussent plus rapidement sont presque une preuve que le patient a bien la DSR/SDRC. La DSR/SDRC est associée avec une variété de problèmes cutanés incluant des éruptions, ulcères et pustules. 8 Bien qu'extrêmement rare, certaines personnes doivent subir l'amputation d'une extrémité à cause d'infections cutanées qui menace la vie du patient. L'activité sympathique anormale (changements vasomoteurs) peut être associée à une peau qui est soit chaude, soit froide au toucher. Le patient peut percevoir des sensations de chaleur ou de froid dans le membre affecté sans même le toucher (changements vasomoteurs). La peau peut présenter une augmentation de la sudation (changement sudomoteur) ou une augmentation du refroidissement cutané accompagnée de chair de poule (changement pilomoteur). Les changements de coloration de la peau peuvent aller d'une apparence blanche et tachetée à une apparence rouge ou bleue. Les changements de coloration de la peau (et la douleur) peuvent être déclenchés par des changements de températures de la pièce et spécialement par des environnements froids. Cependant, plusieurs de ces changements surviennent sans aucune provocation apparente. Les patients décrivent leur maladie comme si elle faisait à sa propre tête.

3. Enflure - Les œdèmes mou (une empreinte demeure pour un temps lorsqu'on appuie un doigt) et fibrotique (dur) sont habituellement diffus et localisés à la région douloureuse et sensible. Si l'œdème est nettement démarqué sur la surface de la peau le long d'une ligne, il s'agit presque d'une preuve que le patient présente la DSR/SDRC. Cependant, certains patients présenteront un œdème nettement démarqué parce qu'ils attachent un bandage autour de l'extrémité pour raison de confort. Ainsi, nous devons nous assurer que l'œdème nettement démarqué n'est pas dû à la présence antérieure d'un bandage autour de l'extrémité.

4. Problème de mouvement -
Les patients présentant la DSR/SDRC ont des difficultés à se mouvoir parce qu'ils ont mal lorsqu'ils bougent. De plus, il semble exister un effet inhibiteur direct de la DSR/SDRC sur la contraction musculaire. Les patients décrivent une difficulté à initier le mouvement comme s'ils présentaient des articulations rigides. Ce phénomène de rigidité est plus frappant pour certains patients à la suite d'un bloc sympathique lorsque la rigidité disparaît. La diminution de la mobilisation d'un membre peut conduire à une perte musculaire (atrophie par manque d'utilisation). Chez certains patients la DSR/SDRC cause peu de douleur mais causent beaucoup de rigidité et de difficulté à initier le mouvement.6 Des tremblements et des secousses involontaires sévères des extrémités peuvent être présents. Le stress psychologique peut exacerber ces symptômes. Le début soudain de crampes musculaires (spasmes) peut être sévère et complètement incapacitant. Certains patients décrivent un lent " arrêt des muscles " des extrémités dues à l'augmentation du tonus musculaire ce qui laisse les mains-doigts ou pieds-orteils dans une position fixe (dystonie).

5. Propagation - Initialement les symptômes de la DSR/SDRC sont généralement localisés au site de la blessure. Plus le temps passe, plus la douleur et les symptômes ont tendance à devenir diffus. De façon typique, le problème débute dans une extrémité. Cependant la douleur peut survenir dans le torse ou le côté du visage. Alternativement, la maladie peut débuter dans une extrémité distale et se propager au tronc et à la figure. À ce stade de la maladie, un quadrant entier du corps peut être impliqué. Maleki et al. Ont récemment décrit trois patterns de propagation des symptômes de la DSR/SDRC. 9

  • Un type de propagation " continu " où les symptômes se propagent vers le haut à partir du site initial, p. ex. de la main vers l'épaule.
  • Un type de propagation " en miroir " où la propagation se retrouve sur le membre opposé.
  • Un type de propagation " indépendant " où les symptômes se propagent à une région corporelle indépendante et distante. Ce type de propagation peut être lié à un second trauma.


  • 6. Changements osseux - La radiographie peut démontrer une perte osseuse (ostéoporose en plaques) ou une scintigraphie osseuse peut démontrer une augmentation ou une diminution de la capture de certaines substances radioactives (technétium 99m) dans les os suite à une injection intraveineuse.

    7. Durée de la DSR/SDRC -La durée de la DSR/SDRC varie. Dans les cas légers elle peut durer des semaines et être suivie d'une rémission; dans plusieurs cas la douleur persiste pour des années et dans certains cas, indéfiniment. Certains patients présentent des périodes de rémission et d'exacerbation. Les périodes de rémission peuvent durer des semaines, des mois ou des années. 10

    La DSR/SDRC peut se présenter en trois stades:
    La classification de la DSR/SDRC par stade est une notion qui se perd. L'évolution de la maladie semble être tellement imprédictible entre différents patients que la classification par stade n'est pas utile au traitement. Toutes les observations cliniques listées plus basses pour les divers stades de la DSR/SDRC ne sont pas nécessairement présents. La vitesse de progression varie grandement chez différents individus. Les symptômes des stades I et II commence à apparaître à l'intérieur d'un an. Certains patients ne progressent pas jusqu'en stade III. De plus, certains symptômes précoces (stade I et II) peuvent disparaître au fur et à mesure que la maladie progresse au stade III.

    STADE I
  • Apparition de douleur sévère limitée au site de la blessure
  • Augmentation de la sensibilité de la peau au toucher et aux pressions légères (hyperesthésie)
  • Enflure localisée
  • Crampes musculaires
  • Rigidité et mobilité limitée
  • Au début, la peau est habituellement chaude, rouge et sèche puis, elle peut passer à une apparence bleutée (cyanotique) et devenir froide et moite.
  • Augmentation de la sudation (hyperhydrose)
  • Dans les cas légers ce stade dure quelques semaines puis connaît une rémission spontanée ou répond rapidement au traitement.

    STADE II
  • La douleur devient plus sévère et plus diffuse
  • L'enflure tend à se propager et elle peut changer du type mou (i.e une empreinte demeure pour un temps lorsqu'on appuie un doigt) au type dur (fibrotique)
  • Les poils peuvent devenir épais puis peu nombreux, la vitesse de croissance des ongles peut augmenter puis diminuer et ces derniers peuvent devenir cassants, craqués et présenter d'importants sillons
  • Une perte osseuse en plaque (ostéoporose) survient tôt mais peut devenir sévère et diffuse
  • La perte musculaire débute

    STADE III
  • La perte marquée de tissu (atrophique) devient éventuellement irréversible
  • Pour plusieurs patients la douleur devient incurable et peut être présente dans le membre entier
  • Un faible pourcentage de patients a développé une DSR affectant le corps dans son entier. 5

GALERIE PHOTO
Dr Robert J. Schwartzman, dont le nom est synonyme de DSR/SDRC, a offert cette galerie de photographies au Guide de Pratique Clinique. Ces photographies illustrent certaines des constatations objectives qui peuvent être observées chez les patients souffrant de DSR/SDRC. Veuillez noter que les patients souffrant de DSR/SDRC peuvent ne pas présenter ces manifestations objectives et ce, spécialement durant les stades précoces de la maladie.
Dr Schwartzman est Professeur et Directeur du Département de Neurologie à l'École de Médecine Hahnemann à Philadelphie, PA, États-Unis. En 1984, il était l'un des pivots derrière la fondation de l'AADSR et est membre du Comité Scientifique Consultatif. A travers ses nombreuses publications, conférences et efforts de recherche, il partage son expérience clinique en sensibilisant les autres aux effets de la DSR/SDRC. Dr Schwartzman a reçu plusieurs honneurs et récompenses, incluant le prix pour l'enseignement de la neurologie de la Clinique Mayo et le prix spécial du Doyen soulignant l'excellence en enseignement de l'Université de Médecine Hahnemann pour les années 1998 et 1999.

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D'autres noms donnés à ce syndrome

  • Causalgie (mineure ou majeure)
  • Atrophie de Sudeck
  • Dystrophie post-traumatique (mineure ou majeure)
  • Syndrome épaule-main
  • Dystrophie Neurovasculaire Réflexe

Incidence de la DSR/SDRC
La prévalence exacte de la DSR/SDRC est inconnue. Cependant, les données de plusieurs études suggèrent qu'elle soit plus fréquente qu'estimée généralement.

  • Les hommes et les femmes peuvent être affectés, mais l'incidence de ce syndrome est plus élevée chez la femme.
  • La banque de données de la DSR/SDRC démontre que l'âge moyen est la mi-trentaine.
  • De plus en plus d'évidences suggèrent que l'incidence de la DSR/SDRC chez les adolescents et les jeunes adultes soit en hausse.

Étiologie
Un nombre de facteurs précipitants sont associés à la DSR/SDRC incluant:

  • Un traumatisme (souvent mineur) s'avère l'événement
    déclencheur le plus fréquent
  • Maladie cardiaque ischémique ou un infarctus du myocarde
  • Problèmes de la colonne cervicale ou de la moelle épinière
  • Lésions cérébrales
  • Infections
  • Chirurgies
  • Problèmes associés aux mouvements répétitifs ou traumatisme cumulatif causant des conditions comme le tunnel carpien
  • Cependant, chez certains patients un événement déclencheur précis ne peut être identifié.

Cause de la DSR\SDRC
Les études actuelles suggèrent que le mécanisme par lequel une blessure met en branle la DSR/SDRC n'est pas clair. 11 La figure 1 veut donner au lecteur un aperçu simplifié de la manière dont une blessure peut mener aux symptômes de la DSR/SDRC.


FIGURE 1

L'activation du système nerveux sympathique suivant une blessure fait partie d'une réponse à une situation d'urgence de type combat-fuite. Ce type de réaction est très important pour la survie. Par exemple, l'activation des fibres nerveuses sympathiques cause une contraction des vaisseaux sanguins de la peau ce qui force le sang dans les muscles et permet à la victime d'utiliser ses muscles pour se relever après une blessure et échapper au danger. La diminution de l'apport sanguin à la peau permet également de réduire la perte de sang suivant des blessures superficielles survenant sur la surface du corps. Habituellement le système nerveux sympathique cesse son activité en dedans de quelques minutes à quelques heures suivant la blessure. Pour des raisons inconnues, chez les individus qui développent la DSR/SDRC, le système nerveux sympathique semble assumer une fonction anormale. Théoriquement, l'activité sympathique au site de la blessure pourrait causer une réponse inflammatoire causant le spasme des vaisseaux sanguins ce qui amènerait plus d'enflure et de douleur. (Voir B, C et D de la Figure 1) Ces évènements conduiraient à plus de douleur ce qui initierait une autre réponse et établirait un cercle vicieux de douleur.

Aides diagnostiques de laboratoire:
Il n'existe pas de test de laboratoire qui seul, peut servir de preuve de l'existence de la DSR/SDRC. Cependant, il y a deux tests (thermogramme et tomographie osseuse) qui peuvent être utiles pour fournir des signes de DSR/SDRC.

Thermogramme - Un thermogramme est un moyen non invasif de mesurer l'émission de chaleur de la surface du corps en utilisant une caméra vidéo spéciale à infrarouges. C'est l'un des tests les plus utilisé chez les cas où l'on suspecte la DSR/SDRC. Tel que noté, la détection d'un changement anormal de la température cutanée dans les cas de DSR/SDRC dépend de plusieurs facteurs. Un thermogramme normal ne signifie pas nécessairement que le patient n'a pas la DSR/SDRC. Un thermogramme anormal peut être utile devant un jury en cour de justice lorsqu'il y a un minimum de constatations objectives de la DSR/SDRC documentées au dossier médical du patient. De plus, certains patterns anormaux d'émission de chaleur (p. ex. changement circonférentiel versus dermatomal) sont plus indicatifs de l'existence de la DSR/SDRC que d'autres. Le thermogramme devrait être fait à un établissement médical réputé. La qualité du test peut varier selon le fournisseur.

Scintigraphie osseuse en trois phases - Le rôle de la scintigraphie osseuse en trois phases dans le diagnostic de la DSR/SDRC a été discuté et est controversé.

Blocs sympathiques - Voir plus bas sous la rubrique " blocs sympathiques"

Radiographie, EMG, études de conduction nerveuse, tomographie axiale assistée par ordinateur (CAT scan) et imagerie par résonance magnétique (IRM) - Tous ces tests peuvent être normaux chez le patients souffrant de DSR/SDRC. Ces études peuvent aider à identifier d'autres causes possibles de la douleur; par exemple, une DSR/SDRC s'ajoutant à un syndrome du tunnel carpien.

TRAITEMENT
La modalité la plus importante dans le traitement des patients souffrant de DSR/SDRC est l'éducation. Le processus de consentement informé devrait être central. Le médecin définit les bénéfices potentiels, les risques, les alternatives (et coûts). Dès le départ, les buts thérapeutiques doivent être définis et acceptés par le patient:

  • Éducation concernant les buts thérapeutiques
  • Encourager l'utilisation normale du membre (Physiothérapie)
  • Diminuer la douleur
  • Déterminer la contribution du système nerveux sympathique à la douleur du patient

La pierre angulaire dans le traitement de la DSR/SDRC est l'utilisation normale du membre atteint autant que possible. Ainsi, toutes les modalités thérapeutiques (médicaments, blocs nerveux, TENS, physiothérapie, etc.) sont employées pour faciliter le mouvement de la zone corporelle affectée. Bien que la physiothérapie soit une modalité de traitement importante, une mauvaise utilisation et une surutilisation significative de ce traitement peuvent survenir. Souvent, le physiothérapeute traitera le patient souffrant de DSR/SDRC de la même manière qu'un patient ayant présenté un infarctus cérébral ou une blessure d'un plexus nerveux, (ce qui échoue à cause de l'extrême douleur qui survient lors des manipulations passives). Le but premier du physiothérapeute devrait être d'enseigner au patient la manière d'utiliser la partie du corps affectée par des activités de la vie de tous les jours. Les exercices en piscine sont très utiles, spécialement lorsque la DSR/SDRC touche les extrémités inférieures et où supporter le poids du corps peut être problématique. Le but de la physiothérapie devrait être de rendre le patient indépendant du système de santé dans les plus brefs délais. Il est essentiel d'éviter de nouvelles blessures. Cependant, les patients ne doivent pas apprendre à craindre le mouvement à cause de la douleur. Des exercices doux sont essentiels à la réadaptation. En d'autres termes, les patients doivent apprendre que d'avoir mal ne veut pas nécessairement dire que l'on cause des dommages corporels.
Apprendre la nature non-protectrice de la douleur due à la DSR/SDRC prend du temps. Pour les patients qui sont significativement atteints dans leur habileté de mouvoir leurs extrémités, il est urgent d'offrir l'opportunité de déterminer la contribution de leur système nerveux sympathique à la douleur. Pour ce faire, on fait un bloc sympathique à l'extrémité affectée (figure 2). Les options thérapeutiques futures seront déterminées selon que la douleur est maintenue par le système sympathique (DMS) ou est indépendante de ce dernier (DIS). Les rapports publiés suggèrent que la meilleure réponse à un bloc sympathique survienne lorsque les blocs sont administrés à l'intérieur des 6 mois qui suivent la blessure.
L'approche "ESSAYONS CECI MAINTENANT" est déplorable car elle indique que le médecin n'a pas défini de stratégie pour arriver à un but thérapeutique spécifique dans la période de temps la plus courte. Cela ajoute également à la confusion, frustration, anxiété et dépression du patient, ce qui pourrait intensifier la douleur de ce dernier et affecter négativement la relation médecin-patient.


FIGURE 2

1. Établir un protocole écrit de traitement.
La figure 2 illustre un protocole de traitement typique conçu pour réhabiliter le patient dans la période de temps la plus courte. Commencer d'abord par les thérapies les plus sécuritaires, simples et rentables. Si le patient ne progresse pas dans la mobilisation de son extrémité, il est essentiel d'offrir au patient une série de 3 blocs sympathiques immédiatement. Il y a trois buts à ces blocs sympathiques : traiter, diagnostiquer si la douleur est maintenue par le système sympathique et apporter de l'information concernant le pronostic. Le bloc sympathique fournit un pronostic sur la modalité de traitement qui serait ensuite appropriée, sympathectomie ou autres traitements. Les blocs sympathiques sont discutés en détails plus bas.

Une fois que le médecin a complété une avenue de traitement définie (p. ex. une série de 3 à 6 blocs sympathiques), il serait utile de préparer un rapport de mise à jour qui documenterait la réponse du patient aux traitements. Ce rapport devrait refléter la base de futurs traitements et devrait adresser les besoins futurs en matière de réhabilitation. Donner une copie de ce rapport au patient aidera à s'assurer que tous les intéressés (p. ex. les autres intervenants médicaux, assurance, responsables du cas, avocats, etc.) demeurent informés. Donner ce rapport au patient aide à garder le patient et le médecin centrés sur la nécessité d'accomplir les buts thérapeutiques appropriés. Un rapport de mise à jour devrait adresser cinq aspects des soins:

  • Les procédures (p. ex. les blocs)
  • Les médicaments
  • La physiothérapie et l'ergothérapie
  • Les questions psychosociales
  • Certaines modalités psychosociales doivent être prises en considération chez tous les patients souffrant de DSR/SDRC.


2. Les patients présentant une DSR/SDRC sévère et avancée subissent habituellement une évaluation psychosociale durant la série de blocs sympathiques ou avant d'offrir au patient des traitements plus invasifs. Dans certains cas, une évaluation psychosociale formelle devrait être initiée beaucoup plutôt dans le traitement. Par exemple, les enfants souffrant de DSR/SDRC peuvent avoir besoin d'une évaluation approfondie afin de déterminer la structure du support familial ainsi que les mécanismes dont la famille a besoin pour faire face au problème et permettre la réhabilitation optimale de l'enfant. L'inventaire psychosocial devrait toujours être fait par un expert dans le domaine de la douleur chronique et devrait toujours inclure une évaluation des habiletés du patient à faire face à la douleur et du potentiel d'abus de médicaments. Le stress est une cause connue de l'exacerbation de cette maladie, ce qui augmente la nécessité des traitements d'urgence. Plusieurs dons commémoratifs envoyés au Fond de Recherche de l'AADSR sont le résultat de suicides. La possibilité que le patient se suicide doit être évaluée. Le patient peut avoir besoin de participer à un programme de gestion de la douleur à titre de patient externe ou interne. Les patients présentant des douleurs chroniques qui sont référés pour une évaluation psychosociale ont tendance à être sur la défensive. Un MMPI ou un autre test psychologique peuvent aider à identifier les problèmes psychosociaux. Les patients doivent être motivés adéquatement de manière à améliorer leurs habiletés pour faire face au problème sinon, l'application de ces modalités psychosociales est une perte de temps. Les techniques de relaxation (p. ex. les exercices de respiration) ainsi que le biofeedback et l'auto-hypnose peuvent être des traitements appropriés pour certains patients.

3. Les essais séquentiels de médicament. Essayer d'initier les essais séquentiels pour chaque modalité de la thérapie. L'application simultanée de plusieurs thérapies rend presque impossible l'évaluation et l'optimisation d'une thérapie individuelle sécuritaire et efficace. Les patients doivent être avisés que la dose optimale de médicaments varie grandement d'un patient à l'autre. Ainsi, Il est généralement nécessaire d'augmenter graduellement la dose de leur médicament jusqu'au point de toxicité afin de déterminer la dose optimale. La dose est ensuite réduite au niveau inférieur précédent. Ainsi, il est important que le patient se familiarise avec les effets secondaires potentiels d'un médicament avant d'en faire l'essai. Des essais séquentiels de plusieurs médicaments peuvent être requis pour déterminer le meilleur médicament pour le patient.

Les médicaments sont généralement prescrits selon les caractéristiques suivantes de la douleur :

  • Douleur constante
  • Une douleur qui cause des problèmes de sommeil
  • Une douleur inflammatoire ou une douleur due à une blessure
    récente
  • Une douleur spontanée par coups (dysesthésie paroxysmale et douleur lancinante)
  • Douleur maintenue par le système sympathique
  • Crampes musculaires


Médicaments utilisés pour traiter la douleur chronique:
Une prescription " hors étiquette " signifie que la "U.S. Food and Drug Administration (FDA)" a approuvé le médicament pour une chose mais qu'il est utilisé par les médecins pour une autre. Par exemple, l'aspirine est un médicament contre la douleur mais elle est aussi utilisée pour diminuer les risques de crise cardiaque en inhibant l'agglomération des plaquettes. Ce type de prescription est communément utilisé dans le traitement de problèmes variés de douleur chronique. L'efficacité de certains de ces médicaments à réduire la douleur associée à des lésions du système nerveux (douleur neuropathique) a été démontrée lors d'essais cliniques bien contrôlés. Puisqu'on croit que la DSR/SDRC est causée par une lésion au niveau du système nerveux (douleur neuropathique), ces médicaments sont également utilisés pour traiter cette condition. Le patient devrait considérer le sevrage périodique de ces médicaments en collaboration avec le médecin traitant afin de démontrer que les médicaments aident véritablement à soulager les symptômes. Le sevrage de certains médicaments doit se faire lentement (p. ex. les narcotiques, baclofen) afin de minimiser les symptômes de manque.

La liste de médicaments communément utilisés pour traiter la DSR/SDRC basés sur le type de douleur inclue:

Pour la douleur constante associée à l'inflammation

  • Agents anti-inflammatoires non stéroïdiens (p. ex. aspirine, ibuprofen, naproxen, indomethacin, etc.)
  • Pour la douleur constante causée par autre chose que l'inflammation
  • Des agents agissant sur le système nerveux central par un mécanisme atypique (p. ex. tramadol)

Pour la douleur constante ou par coups spontanés (paroxysmale) et des problèmes de sommeil

  • Anti-dépresseurs (p. ex. amitriptaline, doxepin, nortriptyline, trazodone, etc.) 14
  • Lidocaïne orale (mexilitine - quelque peu expérimental)
  • Pour la douleur par coups spontanés (paroxysmale)
  • Anti-spasmogènes (p. ex. carbamazépine, gabapentin peut aussi réduire la douleur constante) 15-17

Pour une douleur sévère et étendue associée à la DSR/SDRC, réfractaire à des thérapies moins agressives

  • Opiacés oraux. L'utilisation des opiacés oraux (p. ex. narcotiques comme Darvon, Vicodin, Loratab, Percocet, morphine, codéine, etc) pour traiter la DSR/SDRC est sujet d'un débat et il existe des dangers potentiels. Ainsi, de manière à assurer un consentement informé approprié, il est recommandé que le patient signe un " contrat " médecin-patient. Vous pouvez trouver un contrat médecin-patient typique en cliquant sur le lien plus bas.

CLIQUEZ ICI POUR LE PROTOCOLE DE TRAITEMENT AVEC OPIACÉS

Pour le traitement de la douleur maintenue par le système sympathique (DMS)
Timbre de Clonidine. Les études suggèrent que la Clonidine peut diminuer la douleur associée à la DSR/SDRC en inhibant le système nerveux sympathique. 19,20 Un protocole de traitement pour l'utilisation du timbre de Clonidine dans le traitement de la DSR/SDRC peut être trouvé dans le journal Regional Anesthesia. 21

Pour les crampes musculaires (spasmes et dystonie) qui peuvent s'avérer difficiles à traiter
Klonopin (clonazépam), Baclofen


Pour la douleur localisée liée à la lésion d'un nerf

Crème de capsaicine (Ce médicament est appliqué sur la peau et agit comme les piments forts. L'efficacité de la crème de capsaicine dans le traitement de la DSR/SDRC n'a pas encore été déterminée). 4.

4. Physiothérapie et ergothérapie
Les patients ont besoin d'être éduqué sur la façon d'utiliser la partie du corps affectée par la DSR/SDRC par des activités de tous les jours. Par exemple, les patients qui souffrent de DSR/SDRC aux membres inférieurs peuvent avoir besoin d'apprendre des exercices impliquant le poids corporel versus des exercices ne l'impliquant pas. L'hydrothérapie est habituellement médicalement nécessaire pour les douleurs musculaires (myofaciale) et les spasmes. L'application de pressions (massage) et/ou de chaleur humide peut parfois soulager les crampes musculaires sévères. Le physiothérapeute peut aussi enseigner au patient l'utilisation du TENS (un dispositif électrique non invasif qui stimule la surface de la peau). La thérapie en piscine peut s'avérer très efficace pour améliorer la mobilité.

5. Blocs sympathiques
Il existe trois raisons de considérer le blocage du système nerveux sympathique pour faciliter la gestion de la DSR/SDRC. Premièrement, le bloc sympathique peut entraîner une cure permanente ou une rémission partielle de la DSR/SDRC. Deuxièmement, en bloquant sélectivement le système nerveux sympathique, les patients (et le médecin traitant) obtiendront de l'information diagnostique supplémentaire sur la cause de la douleur. Le bloc sympathique aide à déterminer quelle portion de la douleur du patient est causée par un mauvais fonctionnement du système nerveux sympathique. Troisièmement, la réponse du patient au bloc sympathique fournit de l'information pronostique concernant le mérite potentiel de d'autres traitements. 23-25

Si les blocs sympathiques ne sont pas faits et évalués adéquatement, cela créera une perte de temps et d'argent, et l'information diagnostique-pronostique sera perdue. Un bon bloc sympathique devrait augmenter la température des extrémités sans produire une augmentation de l'engourdissement ou de la faiblesse. La sensation de chaleur informe le patient qu'il a eu un bloc sympathique. Si le bloc cause de l'engourdissement ou de la faiblesse, cela signifie que d'autres nerfs que les nerfs du système sympathique ont été bloqués et il en résultera une surestimation de la quantité de douleur qui dépend du système nerveux sympathique. Ainsi, la valeur diagnostique et pronostique du bloc sera perdue. La quantité de soulagement de la douleur et l'amélioration dans l'éventail des mouvements et dans la tolérance aux exercices devraient tous être notés par le patient et enregistrés au dossier par le médecin. Cette information concernant la réponse du patient au bloc sympathique servira d'indicateur pronostique quant à la réhabilitation suivant une série de blocs sympathiques et aidera le patient à décider si un blocage permanent (destruction du nerf par sympatectomie) serait approprié. Cette information aidera également à choisir les médicaments d'une manière plus rationnelle. Certains patients feront l'expérience d'un " effet rehaussé " avec chacun des blocs sympathiques, i.e. chaque bloc sympathique successif de la série procure un soulagement de la douleur de plus en plus important et l'amélioration de la tolérance aux exercices. Le bénéfice maximum soutenu d'une série de blocs sympathiques est habituellement apparent après une série de 3 à 6 blocs. Même si le site original ne répond pas au blocage sympathique, de futures aggravations des symptômes de la DSR/SDRC au même site ou à des sites éloignés peuvent répondre à 1 à 3 blocs. LE BUT EST TOUJOURS DE TRAITER MAIS DE NE PAS TRAITER PLUS QUE NECESSAIRE.

Les blocs sympathiques sont généralement faits par un spécialiste de la douleur formé en anesthésie. Entre des mains expérimentées, ces blocs peuvent être faits avec un minimum d'inconfort pour le patient et avec ou sans sédation intraveineuse. Les complications associées au bloc sympathique sont extrêmement rares. Cependant, il est toujours possible que l'agent anesthésique local soit injecté par mégarde dans un vaisseau sanguin ou dans le fluide spinal. Si cela devait se produire, le patient peut devenir temporairement faible et perdre conscience. Pour des raisons de sécurité, les blocs sympathiques sont toujours faits dans des conditions où les signes vitaux (pression artérielle et respiration) sont surveillés attentivement. Les patients ne devraient pas manger dans les 6 heures qui précèdent le bloc sympathique.

Un bloc sympathique d'une extrémité supérieure est appelé un bloc du ganglion stellaire (BGS). Le BGS est fait en insérant une petite aiguille le long de la trachée. Les patients sont informés qu'ils peuvent noter un changement temporaire dans le ton de leur voix suivant le bloc car une partie de l'agent anesthésique local peut partiellement engourdir les cordes vocales. On leur dit également qu'ils devraient prendre de petites quantités de liquide et de petits morceaux de nourriture immédiatement après le bloc. L'engourdissement autour des cordes vocales place temporairement le patient à faible risque de tousser lorsqu'il boit ou mange. Le patient peut aussi remarquer un affaissement de la paupière supérieure causé par le BGS (signe de Horner). Un bloc sympathique d'une extrémité inférieure est appelé un bloc sympathique lombaire (BSL). Pour le confort et la sécurité du patient le BSL devrait être fait avec l'aide d'un fluoroscope (radiographie). On peut trouver un vidéo d'un BSL sur le site Web du journal " Anesthesiology 26.

Tel que mentionné précédemment dans ce Guide, il peut y avoir des points tendres spécifiques dans les muscles de la région affectée causés par des petits spasmes musculaires appelés zone gâchette musculaire (syndrome de douleur myofaciale). Le patient peut obtenir un soulagement significatif de la douleur diffuse causée par la DSR/SDRC grâce au bloc sympathique mais la douleur causée par la zone gâchette peut persister. L'injection d'un agent anesthésique local dans la région de la zone gâchette et/ou l'application de techniques de physiothérapie après un bloc sympathique peut s'avérer nécessaire afin de procurer un soulagement de la douleur supplémentaire. 6

Sympatectomie
Si une diminution significative de la douleur est observée suite au bloc sympathique, on conclut que la douleur du patient est maintenue par le système nerveux sympathique (DMS). S'il n'y a pas de diminution significative de la douleur, on conclut que la douleur est indépendante du système nerveux sympathique (DIS). Seuls les patients présentant une DMS devraient être considérés pour une sympatectomie. On avertit le patient de ne pas s'attendre à plus de soulagement de la douleur d'un blocage permanent i.e. d'une sympatectomie, que ce qu'ils ont reçu d'un BGS ou d'un BSL. Ainsi le patient doit vraiment faire attention à la magnitude du soulagement de la douleur et à l'amélioration de la fonction suivant chaque bloc sympathique. 27-29 La sympatectomie est une procédure relativement invasive présentant des complications potentielles. Cette solution devrait être envisagée par les patients seulement s'ils sont certains des bénéfices thérapeutiques temporaires qu'ils reçoivent d'une série de BGSs ou de BSLs.
Récemment, la sympatectomie laparascopique a été développée pour la sympatectomie des extrémités supérieures. 30 Cette technique requière le placement temporaire de trois petits trous sur le côté de la poitrine alors que le patient est sous anesthésie générale. Pour les extrémités inférieures, le patient a le choix entre dissoudre (détruire) les nerfs sympathiques avec une injection de phénol par une aiguille alors que le patient est éveillé (neurolyse sympathique percutanée au phénol) ou une sympatectomie chirurgicale sous anesthésie générale. D'autres techniques de sympatectomie ont aussi été utilisées. Le patient doit être informé des avantages et inconvénients de chacune des approches.
La douleur post-symaptectomie (neuralgie) est une complication potentielle de tous les types de sympatectomies. 3, 31 La douleur post-sympatectomie est typiquement proximale à la douleur originale (p. ex. proximale signifie que la douleur peut apparaître pour la première fois dans la région de l'aine ou des fesses pour une sympatectomie des extrémités inférieures et dans la région des parois de la poitrine pour une sympatectomie des extrémités supérieures). Les patients peuvent croire que la DSR/SDRC s'est étendue à une nouvelle région suite à la sympatectomie parce que la douleur est similaire à la douleur originale causée par la DSR/SDRC. La douleur post-sympatectomie s'efface habituellement d'elle-même ou avec 1 à 3 blocs sympathiques. Ainsi, pour certains patients la sympatectomie peut devenir une procédure à deux étapes; d'abord la destruction des nerfs sympathiques puis un bloc sympathique.
Des données publiées par l'AADSR suggèrent qu'une sympatectomie performée chez des patients DSR/SDRC bien sélectionnés peut s'avérer un des traitement les plus efficaces dans le traitement de la DSR/SDRC. Les critères de sélection pour une sympatectomie sont critiques pour l'obtention de succès à long-terme.

7. Placebo
L'effet placebo (la diminution de la douleur causée par un traitement inactif comme une pilule de sucre) doit être considéré dans le traitement de la DSR/SDRC. Bien que selon plusieurs articles et manuels 33% des gens répondent à un placebo, cela peut être trompeur car le pourcentage varie énormément (de près de 0% à 100%) dépendamment des circonstances exactes. Le médecin et le patient doivent avoir une compréhension de l'effet placebo, sinon le patient risque d'être traité de manière excessive. Établir une différence entre un effet placebo et un effet spécifique de soulagement de la douleur peut être difficile mais il existe certaines caractéristiques les distinguant.

  • Plus le traitement lui-même est invasif, plus l'effet placebo est
    grand. 3, 32
  • Plus les attentes d'un soulagement de la douleur sont grandes,
    plus l'effet placebo est grand. 3, 32

La durée de l'effet placebo tend à être de plus courte durée. Par exemple, une surveillance serrée de la douleur du patient pour les heures et jours suivant chaque bloc sympathique a démontré que l'effet de réduction de la douleur d'une injection de salin (placebo) disparaît à l'intérieur des quelques premières heures suivant le traitement alors que l'effet de l'injection d'un agent anesthésique local persiste pour plusieurs jours. 3

L'effet placebo est moins reproductible au fur et à mesure des traitements successifs. 3, 32 Ainsi, il peut être d'une grande valeur thérapeutique de donner à chaque patient une série de plusieurs blocs sympathiques séparés par un bref intervalle (p. ex. une semaine) simplement pour déterminer si de tels blocs constituent un traitement efficace.

Le décours temporel du soulagement de la douleur et l'amélioration de la fonction doivent être surveillés de près par le patient. L'effet réel de l'agent " anesthésique " utilisé lors du bloc sympathique dure seulement quelques heures. Toutefois, les patients souffrant de DMS ressentent habituellement un soulagement de la douleur qui surpasse la durée de l'effet de l'agent anesthésique local. On croit que ce type de soulagement prolongé et l'amélioration de la mobilité au-delà de la durée du bloc indique un élément d'activité " réflexe " ou un " cercle vicieux " dans la région du corps affectée, soit du spasme musculaire ou de la sur-activité sympathique.

Certains patients peuvent ne pas rapporter adéquatement les effets des blocs sympathiques et ce, intentionnellement ou non. Tel que mentionné, un bon bloc sympathique amène une sensation de chaleur qui sera utilisée comme " indice ". Certains patients répondent au changement de sensation en anticipant les résultats ou en déclarant qu'il y a une réduction véritable de la douleur. D'autres peuvent rapporter un soulagement fictif de la douleur car ils croient que cela est nécessaire pour obtenir d'autres traitements, attention ou autres gains désirés. Certains patients peuvent croire qu'un " traitement " innefficace est meilleur que pas de traitement du tout. 32

8. Autres types de " blocs sympathiques "
Un bloqueur du système sympathique pharmacologique (antagoniste alpha adrénergique), la phentolamine, donné en intraveineuse, a été recommandé comme test diagnostic de la DMS. Cependant, un taux de faux négatifs aussi élevé que 43% a été rapporté. De plus, cette approche est quelque peu élaborée et requière un temps (technicien) et des dépenses considérables. 3 Le test phentolamine est une procédure diagnostique alors que le bloc sympathique est une procédure diagnostique, pronostique et thérapeutique. 33 Toutefois, le test phentolamine peut constituer une option de traitement précieuse dans les situations où un bloc sympathique n'est pas possible ou lorsque plusieurs extrémités sont impliquées.
Les blocs épiduraux sont moins spécifiques pour bloquer le système nerveux sympathique et ainsi, ne sont pas aussi utiles pour répondre à des objectifs diagnostique et pronostique. L'infusion d'un agent anesthésique local par un cathéter épidural peut causer une faiblesse temporaire dans les jambes, rendant la marche dangereuse. Le placement à long terme de cathéters épiduraux pour traiter la DSR/SDRC survient encore en pratique. Cela s'explique peut-être par la plus grande familiarité des anesthésistes avec la technique du cathéter épidural qu'avec la technique du bloc sympathique sélectif. L'approche de l'installation à long-terme d'un cathéter épidural est plus dispendieuse et les patients sont exposés à plus de risques pour certaines complications rares mais qui peuvent être fatales, p. ex. l'infection (abcès épidural). Souvent, une hospitalisation de courte durée (2-5 jours) sera nécessaire afin de déterminer la dose clinique de l'agent épidural la plus appropriée pour une infusion constante. Le délogement du cathéter épidural est un problème relativement commun. L'utilisation d'un cathéter sympathique lombaire peut apporter un blocage sympathique plus spécifique qu'un cathéter épidural. Toutefois, le cathéter sympathique lombaire peut être délogé plus facilement durant les exercices. 4 L'utilisation des cathéters épiduraux et sympathiques lombaires a sa place dans le traitement de la DSR/SDRC mais le médecin devrait justifier ces techniques cas par cas.
Une autre technique utilisée pour performer un bloc sympathique implique l'injection intraveineuse d'agents bloqueurs du système sympathique (p. ex. guanéthidine, bretylium et clonidine) dans l'extrémité tout en limitant la dispersion de l'agent dans d'autres parties du corps en appliquant un tourniquet à l'extrémité. 34 Cette méthode requière le placement d'une intraveineuse dans l'extrémité douloureuse et peut s'avérer extrêmement difficile techniquement à cause de l'enflure sévère (œdème) de l'extrémité. Le patient peut être incapable de confirmer qu'il a reçu un bloc sympathique car " l'indice ", la sensation de réchauffement de l'extrémité, peut ne pas être ressenti. De plus, il n'existe pas de preuve que cette technique est plus efficace que les blocs sympathiques usuels pour le diagnostic et le traitement de la DSR/SDRC. La technique intraveineuse-tourniquet utilisant un agent bloquant la réponse sympathique peut être considérée comme une option pour les patients qui doivent prendre des médicaments pour éclaircir le sang (anticoagulants) et où un BGS ou un BSL pourrait causer des saignements majeurs.

9. La stimulation de la moelle épinière (SME)
La figure 3 illustre une autre méthode de contrôle de la douleur qui fonctionne bien chez certains patients présentant une douleur chronique incurable causée par la DSR/SDRC. La stimulation de la moelle épinière (SME) utilise des impulsions électriques de faible intensité pour déclencher certaines fibres nerveuses sélectionnées le long de la moelle épinière (colonne dorsale). On croit que ceci empêche la transmission des messages douloureux au cerveau. La SME remplace la zone de douleur intense par une sensation plus plaisante de picotements appelée paresthésie. 35-38 La sensation de picotements demeurera relativement constante et ne devrait pas faire mal. Il existe des évidences expérimentales qui indiquent que la SME augmente le flot sanguin à l'extrémité affectée en bloquant le système nerveux sympathique. 39-41

FIGURE 3

Un essai temporaire, avec une électrode temporaire, devrait être fait avant l'implantation des électrodes permanentes. Puisque la SME est relativement invasive et dispendieuse et puisque les patients présentant la DSR/SDRC sont souvent désespérés et frustrés, on devrait considérer une évaluation psychosociale qui adresserait les problèmes en matière de gestion de la douleur. Bien que rare, l'infection spinale et la paralysie sont des complications potentielles. La possibilité d'insérer l'électrode par une petite aiguille a réduit le risque de la procédure et a facilité l'essai avec une électrode temporaire.
Le traitement de la DSR/SDRC avec la SME pose des problèmes cliniques et techniques inhabituels. D'un point de vue technique, la DSR/SDRC est souvent une maladie imprévisible. Le besoin de centrer la SME sur la région la plus douloureuse doit être gardé en tête. Ceci est plus difficile avec la DSR/SDRC parce que la localisation de la pire douleur peut changer. De plus, la douleur de la DSR/SDRC peut s'étendre aux parties distales du corps, ce qui requière de multiples et successifs stimulateurs implantés de façon à couvrir la plus large surface possible. Ainsi, même lorsque la DSR/SDRC est limitée à une extrémité, il est prudent d'étendre la stimulation aux zones où la douleur risque de s'étendre.
À cause des risques et des coûts substantiels inhérents à la stimulation de la moelle épinière, ce traitement est réservé aux patients sévèrement handicapés. Une étude récente bien contrôlée démontre qu'avec une sélection soigneuse des patients et un test de stimulation réussi, la SME est sécuritaire, réduit la douleur et améliore la qualité de vie des patients atteints de DSR/SDRC sévère. 42,43

Le Système à Pile Externe Versus le Système à Pile Interne pour la Stimulation de la Moelle Épinière
Afin de faire un choix éclairé concernant la SME, le patient et le médecin devraient considérer les différences pertinentes entre les systèmes à pile interne et externe. Dans cette section, nous discuterons des mérites relatifs des systèmes à pile interne et externe pour la stimulation de la moelle épinière.


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10. Pompes à morphine
Il est reconnu qu'une seule injection de morphine dans le liquide spinal (à l'intérieur de l'espace intrathécal) produit un effet sélectif de blocage de la douleur sur la moelle épinière. Cet effet sélectif sur la moelle épinière évite au patient plusieurs effets secondaires sérieux causés par la morphine lorsqu'elle est administrée oralement (p. ex. sédation). 32 Peu de temps après cette découverte, un enthousiasme s'est développé pour implanter des pompes à morphine permanentes pour traiter la douleur chronique d'origine non cancéreuse, et ce, spécialement après que l'assurance maladie approuva le remboursement de cette procédure chirurgicale. L'implantation d'une pompe à morphine est une modalité de traitement relativement invasive et dispendieuse. 44 Malgré près de vingt ans de tests, il n'existe pas d'évidence scientifique qui prouve que l'utilisation à long-terme de la pompe à morphine offre un avantage par rapport à la morphine orale pour traiter des syndromes douloureux chroniques incluant la DSR/SDRC. En fait, plusieurs patients implantés avec la pompe à morphine prennent également de la morphine oralement. Les mêmes complications quelquefois associées à la prise de morphine par voie orale sont aussi observées avec l'utilisation de la pompe à morphine, comme le développement d'une tolérance au médicament, la nausée, la constipation, le gain de poids, la diminution de l'appétit sexuel (libido), les jambes enflées (œdème), et l'augmentation de la sudation. 45,46 De plus, le fonctionnement défectueux de la pompe (délogement du cathéter) peut représenter un problème significatif. 46
Une étude récente suggère qu'avec une sélection soignée des patients, l'implantation d'une pompe servant à l'infusion spinale de baclofen peut s'avérer une aide précieuse pour traiter un certain type de crampe musculaire appelé dystonie chez les patients présentant une DSR/SDRC sévère. 47

11. Comment déterminer l'efficacité des traitements pour la DSR/SDRC
Cette section est basée sur l'allocution du Dr. Kirkpatrick à la Troisième Conférence Nationale de l'AADSR qui s'est tenue les 15 et 16 octobre 1999 à Atlantic City, New Jersey.

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Problèmes et effets associés à la DSR

  • Douleur extrême
  • Douleur persistant pour toute la vie chez certains patients
  • Perturbation prolongée de la vie familiale
  • Tristesse de la famille pour le proche atteint
  • Invalidité et chômage pour les patients
  • Mauvais diagnostic et incrédulité de la présence d'un syndrome de douleur
  • Traitements et thérapeutiques incorrects
  • Chirurgies multiples
  • Chirurgies infructueuses
  • Perte de la qualité de vie
  • Augmentation des coûts de soins de santé
  • Le manque d'expérience de plusieurs médecins dans le traitement de la DSR
  • Poursuites judiciaires inutiles pour faute professionnelle


See references


See glossaire

Updated July 3, 2004

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